Le lagon noir – Indridason

Avec Le lagon noir, Arnaldur Indridason signe ici son 14e roman. On retrouvera bien entendu Marion et l’inspecteur Erlendur dans une double enquête parallèle sur le caillou islandais. Un retour en arrière puisque l’histoire se déroule en 1979.

C’est bien la présence des Américains sur la base de l’aéroport de Keflavik qui est au cœur de ce roman policier. Mais également les obsessions d’Erlendur pour les affaires classées, comme cette jeune fille disparue un matin sur le chemin de l’école 25 ans plus tôt.

l’intrigue

Le premier chapitre commence par la mort d’un ingénieur islandais sur la base de Keflavik. Une chute fracassante et soudaine. Accident ? Suicide ? Meurtre ?

C’est dans une atmosphère glaciale, au bord d’un lagon que débute l’enquête. Le jeune inspecteur Erlendur sous les ordres de Marion est franchement contre la présence des Américains, contre cette base où les Islandais n’ont aucun droit. Ce sera d’ailleurs la difficulté principale pour nos deux enquêteurs. L’armée américaine n’aime pas que l’on mette le nez dans leurs affaires et ils le font savoir. Surtout si l’on traîne du côté du hangar 885 ou une étrange compagnie navigue dans le plus grand secret. Caroline, une Américaine de la police militaire va pourtant les aider, sans trop savoir pourquoi. Mais, si nos deux flics cherchent les raisons de cette mort mystérieuse, Erlendur est également préoccupé par la disparition de Dagbjört une jeune fille qui aurait eu une relation avec un garçon de Kamp Knox, sorte de bidon ville où les plus pauvres s’entassaient en attendant mieux.

Ce que nous pensons De Le lagon noir d’Arnaldur Indridason

Il n’y a pas de doute, l’auteur nous imprègne de l’atmosphère de ce petit pays de 330 000 habitants, ce lagon étrange, ces champs de lave, ces étendues glaciales jusqu’au plat préféré de notre héros : la raie faisandée. Mais par delà le folklore local, Indridason aborde un sujet qui lui tient à cœur, la présence de la base américaine de Keflavik, fruit de la guerre froide. Le livre se déroule en 1979. Si cette base a été mise en sommeil en 2006, elle vient justement d’être réactivée récemment par les Etats-Unis alors que la tension monte avec la Russie. Moment choisi pour la sortie de ce titre. On apprécie également la véracité des sentiments décrits par l’auteur à travers ses personnages et notamment lors de l’enquête sur la disparition de Dagbjört. Les deux enquêtes sont menées parallèlement et l’on passe de l’une à l’autre sans aucun problème. C’est une plongée dans un îlot étrange aux frontières du Groenland et sa population non moins atypique comme cette langue étrange que l’occupation danoise de 1380 à 1918 n’a pas réussit à pervertir. C’est donc un livre à multiple facettes écrit par le maître islandais du noir, mainte fois couronné par de nombreux prix prestigieux et traduit dans trente-sept pays. On ne peut que recommander ce polar intrigant et captivant.

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