Le vrai du faux…

Le vrai du faux, et même le pire
Le vrai du faux, et même le pire

Le vrai du faux et même le pire, une entrée pointue dans l’univers conchylicole de l’étang de taux et plus largement dans les singularités sétoises.

Où nous retrouvons Pénélope Cissé dans une nouvelle aventure sétoise et plus particulièrement à la Pointe Courte, petit paradis perdu au bord de l’étang de Thau coincé entre la zone industrielle et le canal Sétois. Avec son second roman, Le vrai du faux et même le pire, Martine Nougué nous ramène dans son univers bien trempé du sud de la France et plus précisément celui de Sète qui ne peut être que singulier. Nous avions chroniqué lors de sa sortie “Les Belges reconnaissant” où nous découvrions Pénélope Cissé, la fliquette sénégalaise (qui ce coup-ci prend du grade) et nous attendions avec impatience les suites de ses aventures. C’est chose faite avec ce nouveau roman policier et sa lecture nous a enchantés.

l’intrigue

C’est à la Pointe Courte que démarre l’histoire, un lieu particulier coincé entre la zone artisanale et son usine de produit chimique, adossé à la rocade qui mène au centre de Sète et échoué au bord de l’étang de taux.

Ce sont d’abord les vols de nuit sur les parcs à huîtres qui tracassent la gendarmerie puis d’étranges disparitions qui finalement ne gênent pas grand monde. Un patron de bar, mi-trafiquant, mi-proxénète, le plus grand conchyliculteur de l’étang, rapace et puissant ainsi qu’un malfrat à la petite semaine. Pas de corps, pas d’enquête et pourtant, Pénélope s’inquiète, d’autant que sa rencontre avec Marceline, quatre-vingts balais, infatigable militante des causes perdues, se passionne pour l’enquête, voyant même dans ces disparitions un complot, dont les pelotes de filaments retrouvés tout autour de l’étang seraient des preuves intangibles. C’est sans compter sur Pénélope Cissé, flic au demeurant pugnace, qui ne recule devant rien, au grand dam de sa hiérarchie qui préférerait mettre un couvercle sur la marmite avant que toute l’île singulière s’embrase. Il faut dire qu’il s’en passe des choses à la pointe courte. Outre les pelotes qui seraient déversées sur l’étant de Thau par des avions, certains phénomènes laissent perplexes, comme l’attaque de chats devant la terrasse du café qui fera quelques blessés et beaucoup de remous dans la presse et la population prêtes à croire en une menace terroriste de grande envergure… La découverte du premier corps relance l’enquête alors que Jojo qu’un pauvre type au cerveau déranger exécute les basses œuvres d’un certain Moustro.

Ce que nous en pensons

Outre l’enquête de Pénélope Cissé, Le vrai du faux et même le pire entraîne le lecteur dans les vicissitudes Sétoises. On est bercé par l’accent du Sud, son folklore, ses joutes verbales, ses traditions, mais également sa violence. Il faut dire que l’auteur n’y va pas par quatre chemins, prostitution, trafics en tous genres, flics racistes, militante illuminée, entrecoupée tout de même de quelques accalmies amicales et débonnaires. On apprend également beaucoup sur ce petit territoire coincé entre l’étang de Thau et la Méditerranée. Ses habitudes, son parler, ses rites et le travail de l’huître. L’histoire est menée tambour battant, beaucoup de dialogues, un clin d’œil à un fait divers qui remua le monde médiatique en 1951 dans la petite commune de Pont Saint-Esprit. Mais on a également de belles histoires d’amours et d’amitiés entre la fille de Pénélope toute droite débarquée de Sénégal et sa mère, Luigi le bouquiniste et son ami, le commissaire à la retraite et Marceline la militante. C’est donc une réussite que ce roman, un roman policier bien ancré dans le terroir au suspense réussi, tendre et dur à la fois.

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