Que dieu nous pardonne de Philippe Hauret

Que dieu me pardonne

Que dieu me pardonne

Philippe Hauret tiens le suspense dans ce roman plus social que policier et c’est avec talent qu’il nous mène jusqu’aux derniers rebondissements.

l’intrigue

Dans Que dieu nous pardonne de Philippe Hauret, il y a Mattis, flic mal dans sa peau, Dan son coéquipier d’extrême droite, Kader le loser de la cité pas méchant pour un sou, Rayan, fils à papa qui a hérité d’une fortune… Ce sont les personnages principaux de Que dieu me pardonne de Philippe Hauret. Kader tente de survivre de petits larcins. Pas futé, il est dans le collimateur de la police. C’est lors d’une descente de la police qu’il retrouvera la cellule du commissariat. Si Dan veut en finir avec ce petit délinquant, Mattis se trouve plus généreux, prêt à laisser une chance à ce jeune homme pas vraiment gâté par la vie. De l’autre côté, Rayan se croit tout permis dans ses voitures de luxe. C’est sans compter sur Mattis qui lui met le grappin dessus. Et c’est par une fausse bonne idée que commence l’intrigue, un deal imaginé par le flic aux relents sociaux. Je passe l’éponge sur tes excès et tu prends Kader à ton service pendant un mois. L’affaire semble bien partie jusqu’à ce que les deux univers se côtoient. Entre mal-être des uns et psychoses des autres. Le meurtre de la femme de Rayan va déclencher une avalanche de situations des plus noires.

Ce que nous pensons de Que dieu nous pardonne de Philippe Hauret.

Au-delà de l’intrigue qui n’est pas réellement le cœur du sujet dans Que dieu nous pardonne de Philippe Hauret (même si celle-ci est bien présente) c’est la confrontation de deux mondes qui retient notre attention. Celui des quartiers abandonnés et des quartiers résidentiels où tout est acquis. L’image du flic qui se prend les pieds dans le tapis en tentant de casser les règles est particulièrement bien campé. Pris au piège de sa compassion pour les moins que rien, il sera le déclencheur d’une série de meurtres. Vient se greffer l’amour impossible entre Kader et Melissa et la fuite en avant dans une relation perdue d’avance entre Rayan et Melissa. Et bien sûr la difficulté du flic Mattis de vivre une relation avec son amie, trop englué dans des problématiques qui le dépassent. L’intrigue file à toute vitesse et le lecteur observe les scènes au fil des pages avec un coup d’avance sur les flics. Philippe Hauret tient le suspense dans ce roman plus social que policier et c’est avec talent qu’il nous mène jusqu’aux derniers rebondissements.

L’auteur

Né en 1963 à Chamalières, Philippe Hauret passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez. Après le divorce de ses parents et d’incessants déménagements, il échoue en banlieue sud-parisienne. Sa scolarité est chaotique, seuls le français et la littérature le passionnent. En autodidacte convaincu, il quitte l’école et vit de petits boulots, traîne la nuit dans les bars, et soigne ses lendemains de cuite en écrivant de la poésie et des bouts de romans. Il voyage ensuite en Europe, avant de trouver sa voie en entrant à l’université. Après avoir longtemps occupé la place de factotum, il est maintenant bibliothécaire. Quand il n’écrit pas, Philippe Hauret se replonge dans ses auteurs favoris, Fante, Carver, Bukowski, joue de la guitare, regarde des films ou des séries, noirs, de préférence. (Source Jigal)

Que dieu nous pardonne
Philippe Hauret
Jigal – mai 2017
204 pages
18 euros