Paris-Venise de Florent Oiseau

 

Paris-Venise
Paris-Venise Florent Oiseau

Un roman à double lecture où la drôlerie et le drame piquent le lecteur et laissent parfois un goût amer. Inspiré de faits réels d’après la quatrième, Florent Oiseau excelle dans le genre et c’est un vrai plaisir !

L’intrigue de Paris-Venise de Florent Oiseau

Roman enchaîne les petits boulots et les découverts bancaires. Il vient tout juste de se faire virer de l’hôtel où il travaillait pour une petite magouille justifiée (il filait des chambres à des potes en échange de rien). Les choses se corsent puisque Melle Pajot, sa banquière lui rend la vie difficile. Et puis, il faut bien payer le loyer… Lorsqu’on lui propose un job sur le Paris-Venise, Roman n’hésite pas une seconde. Le boulot est simple. Surveiller qu’il n’y ait pas de clandestins qui embarquent, nettoyer les chiottes ou servir au bar. Les “à-côtés” permettent de compléter un salaire médiocre. Bemba va faire son éducation à bord du train. Réticents, mais pas trop quand même, Roman apprend vite à arrondir ses fins de mois. C’est même un sport national dans la compagnie. Evidemment, le cœur gros comme ça, il tombe amoureux de Juliette… et les ennuis commencent… Embarquez sur le Paris-Venise de Florent Oiseau !

Ce que nous pensons de Paris-Venise de Florent Oiseau

Après un premier roman (le livre le plus drôle de l’année d’après le bandeau – et c’est pas faux) que nous avions aimé, on attendait avec impatience le second roman. C’est encore un type torturé, champion de la lose, dont l’honnêteté se limite à des justifications pas toujours crédibles que nous suivons dans ce périple. Un pari réussi dans la ligne droite du premier roman dont on ne se lasse pas une seconde. C’est drôle, enjoué et bien mené. Mais le livre parcourt également les méandres de ce monde précaire où la débrouille est souvent la seule alternative à la survie. Pas de révoltes, de l’individualisme et parfois de la solidarité dans la galère, la critique de la société se lit entre les lignes. Un roman à double lecture où la drôlerie et le drame piquent le lecteur et laissent parfois un goût amer. Inspiré de faits réels d’après la quatrième, Florent Oiseau excelle dans le genre et c’est un vrai plaisir !

Extrait

– Ce s’rait pas plutôt un mousseux u’vous leur servez là ?!

Légende avait oublié un facteur. Les Français. Un gars qui avait une place en couchettes était venu prendre une bière et attendait son tour. Mais le Français trouve toujours un truc à redire, même – et surtout- quand on ne lui demande rien. C’est dans son ADN, il ne sait pas faire autrement. Faut qu’il l’ouvre.

– Si monsieur, en effet, mais le mousseux, ça ne leur parle pas, alors on leur dit que c’est du champagne. Je vous offre un verre contre votre silence ?

L’auteur (source Acte Sud)

Florent Oiseau a 27 ans. Son premier roman, Je vais m’y mettre (Allary Éditions, 2016), a été salué par les critiques et désigné « le livre le plus drôle de l’année ».

Paris-Venise

Allard Éditions – Janvier 2018
240 pages
17,90 euros