Simple mortelle – Lilian Bathelot

Simple mortelle Lilian Bathelot

Simple mortelle – Lilian Bathelot

On se laisse porté tout au long de ces 440 pages par la prose de Lilian Bathelot qui réussit à nous tenir en haleine. C’est un roman magnifique, humaniste et cruel qui laisse une note de colère et d’espoir.

L’intrigue de Simple mortelle – Lilian Bathelot

La narratrice de ce roman, Nicole (dont on apprend le nom à la 269e page), prend sa plume pour écrire une lettre. Fraîchement sortir de l’IUFM, elle est affectée dans une région sauvage de l’Aude à Malissègre. C’est à deux heures de route de Montpellier où elle laisse trois enfants qui n’ont plus vraiment besoin d’elle. C’est lors de son arrivée sur ce plateau aride, alors qu’un orage déferle qu’elle fait la connaissance de Louis Lacan. C’est le coup de foudre immédiat. Commence alors une histoire d’amour entremêlé de non-dit, de passé, de découverte. Une nouvelle vie s’offre à ces deux êtres perdus dans l’existence. D’autres histoires se mêlent au fil des chapitres. Le récit d’un raid meurtrier en Afrique et la mise en place d’une opération spéciale anti-terroriste. On alterne donc entre l’écriture de Nicole, ses pensées les plus intimes, ses doutes et ses espoirs, l’histoire de Louis Lacan et le piège infernal qui se resserre alors qu’un projet de barrage contesté devient une affaire d’État.

Ce que nous pensons de Simple mortelle – Lilian Bathelot

En refermant les pages de Simple mortelle et même en cour de lecture d’ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser au projet de barrage de Sivens et la mort tragique de Rémi Fraisse, on pense également à Julien Coupat et bien évidemment à toutes les ZAD. Ce n’est pourtant pas un livre militant au sens propre du terme que nous livre Lilan Bathelot mais des histoires de vie chaotiques, malmenées par l’existence dans un monde qui leur échappe. On connaît l’écriture soignée de l’auteur que nous avions déjà remarqué dans ses précédents ouvrages et notamment Terminus mon ange, paru en 2014 chez le même éditeur à La Manufacture de Livre. Celle-ci s’accompagne d’une beauté des descriptions, des paysages aux personnes rencontrés tout au long du récit. On se laisse porté tout au long de ces 440 pages par la prose de Lilian Bathelot qui réussit à nous tenir en haleine. C’est un roman magnifique, humaniste et cruel qui laisse une note de colère et d’espoir.

 

L’auteur (La manufacture de livre)

Professeur de philosophie et champion de tir. Lilian Bathelot navigue entre la littérature (éditions Métailié), la littérature jeunesse (Albin Michel jeunesse) et le roman noir avec Terminus mon ange (La Manufacture de livre)

Simple Mortelle

La Manufacture de livres – Janvier 2018
440 pages
20,90 euros